JalilaSusini-Henchiri

Jalila Susini-Henchiri

Formatrice certifiée depuis 2011
Chemin Petit Montfleury, 11
1290 Versoix
Mobile: +41 79 416 26 20
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communiquerautrement.com
Témoignage : Stage interculturel

 

Je suis née à Tunis, où j’ai grandi et passé toute mon enfance et ma jeunesse avant de venir faire mes études à l’université de Lausanne et décrocher mon diplôme HEC. Maintenant, j’ai la nationalité suisse et vis dans ce pays, où je me suis mariée et ai eu deux enfants.

Pendant une vingtaine d’années, j’ai travaillé comme expert en prévoyance professionnelle et ai également enseigné dans ce domaine, tout en élevant mes enfants. Un jour, j’ai lu un livre de Thomas d’Ansembourg : « Cessez d’être gentil, soyez vrai »! Ses mots étaient simples, mais parlants et il présentait des outils que j’ai tout de suite eu envie de mettre en pratique, à la fois pour mieux me faire entendre de mes enfants et également pour mieux les comprendre ; en un mot pour pouvoir les éduquer en alliant fermeté et douceur. Cette communication non violente dont parlait l’auteur semblait fascinante et j’ai voulu en savoir plus. Alors je suis allée suivre un séminaire donné par Anne Bourrit, formatrice certifiée en Communication NonViolente du Center for NonViolent Communication d’Albuquerque, USA. C’est là que, pour la première fois, j’ai véritablement fait l’expérience de la puissance de cette approche qui est devenue une partie intégrante de ma vie et m’accompagne au quotidien dans toutes mes relations.

La CNV n’est pas un but en soi, mais un chemin vers sa propre humanité et vers l’humanité de l’autre. En explorant notre monde intérieur, nous apprenons à connaître nos propres tensions, à les comprendre et à trouver en nous-mêmes les solutions pour les désamorcer. En nourrissant le lien à notre vérité intime, en découvrant notre force, nous gagnons une liberté intérieure qui nous permet d’entrer en relation avec tous ceux qui nous entourent – famille, proches, amis, collègues et patrons – sans devoir renoncer à notre authenticité.

Comme le piano, la danse ou l’aquarelle, l’art de vivre en paix s’apprend et se transmet. Notre époque nous montre clairement combien il est vital. Chacun d’entre nous a la capacité de contribuer à un monde de respect et d’enrichissement mutuels, où la diversité des individus, des cultures et des pays est reconnue et honorée. L’exploration et la résolution de nos conflits intérieurs est la clé de la résolution des conflits que nous vivons avec les autres.

Voilà pourquoi l’apprentissage de la Communication NonViolente est au centre de ma vie privée et professionnelle depuis plus de dix ans – en Suisse, en Europe et en Afrique, tant dans le cadre individuel (adultes et parents) que collectif (secteurs public et privé), par des accompagnements et des formations.

Je serais heureuse de vous rencontrer.
Jalila Susini-Henchiri

 


 

Stage CNV interculturel au Sénégal, novembre 2016

La différence source d’enrichissement

 

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des six jours de rencontres exceptionnelles que j’ai eu l’honneur et la chance de vivre au Sénégal, lors d’un séminaire interculturel en Communication NonViolente en novembre dernier.

Les circonstances ont fait que j’ai été catapultée dans le rôle de « lead-trainer » de ce stage, ce qui n’était pas prévu au départ. Ce changement inattendu m’a véritablement poussée hors de mes zones de confort. Moi qui vis en Europe, comment allais-je comprendre la réalité des habitants de ce pays inconnu ? Leurs souffrances et leurs difficultés quotidiennes n’allaient-elles pas me donner envie de fuir ?

Le contexte de ce séminaire n’avait rien à voir avec celui de mes séminaires habituels, donnés à des adultes en quête d’outils pour éduquer leurs enfants, ni avec mon travail dans les entreprises, où il s’agit de restaurer l’entente au sein d’un groupe, ni avec mes séances individuelles…

Au Sénégal, nous formions un groupe d’un peu plus de 70 personnes, d’une dizaine de nationalités différentes, issues de milieux très divers : marabouts, sœurs catholiques en habit, femmes avec leur bébé, médecins, représentants d’associations, agriculteurs et éleveurs analphabètes, personnes occupant des postes institutionnels à haute responsabilité. Jusqu’au dernier moment, j’ai ignoré le nombre de participants ; heureusement, car j’aurais peut-être renoncé, si je l’avais su !

Le démarrage du stage a été pour moi éprouvant, car lorsque les personnes ont commencé à parler, j’ai remarqué l’hostilité qui séparait certaines d’entre elles. Le fait est que certains participants portaient un vécu très lourd, marqué par les famines, la désertification, les assassinats et morts mystérieuses, l’emprisonnement et les conflits.

Le but de ce séminaire était d’utiliser le processus de la CNV pour mettre en lumière les ressources intérieures de chacun-e et les capacités liées aux traditions locales. Je n’étais pas venue faire un travail de médiation ni de guérison. L’enjeu était d’apprendre à s’écouter soi-même, d’apprendre à écouter et à parler à partir du cœur.

Je ne connaissais pas la culture des participants, j’ignorais tout de leurs traditions et de leurs dialectes et nous allions travailler dans une langue – le français – qui n’était pas leur langue maternelle et exigerait, pour certains, des efforts considérables.

Voici trois anecdotes tirées de cette rencontre qui m’ont particulièrement marquée.

Un participant, qui occupe une place importante dans la communauté de son village, a évoqué l’hostilité féroce de certains villageois à laquelle se heurtait sa volonté de paix. Grâce à son cheminement avec la CNV, il a pris conscience des luttes de pouvoir qui étaient en jeu, dans le contexte desquelles la survie implique la diabolisation de l’autre. Plus encore, il s’est rendu compte que sa quête de paix, aussi sincère fût-elle, était en contradiction avec son ressenti intime et son langage. Il jugeait en effet les autres comme « méchants, violents et irrespectueux », et cela créait une barrière qui entretenait le climat d’hostilité. Pour devenir un acteur de paix dans sa communauté, il lui fallait créer une espace de paix en lui, en préservant la vie et l’intégrité – la sienne, pour commencer.

La CNV permet à ceux qui entrent dans ce processus de mettre le doigt sur ce qui les empêche de vivre ce qu’ils souhaitent pourtant de tout leur cœur : cela est presque toujours lié à quelque chose d’intérieur. Portés par des intentions louables, nous oublions souvent d’explorer notre espace intime, alors que c’est lui qui détermine notre impact sur notre entourage.

Une participante est arrivée avec un visage marqué. Elle avait perdu de nombreux membres de sa famille, dont une cousine proche avec laquelle elle était en conflit au moment de son décès. Grâce au processus de la CNV et à la magie de l’écoute, elle a pu prendre contact avec son besoin de lien et de paix, et faire un chemin d’acceptation du fait de ne pas avoir pu lui dire au revoir dans la sérénité. La transformation se lisait sur son visage adouci et dans ses gestes. Je sais celle-ci durable et remercie cette femme d’avoir eu le courage d’offrir son témoignage et d’essayer la piste du processus. Sa situation n’a pas changé, sa cousine n’est plus de ce monde, mais elle a pu s’approprier son vécu et retrouver sa dignité.

L’écoute active, qui fait partie intégrante de la CNV, suit la loi universelle de l’unification : lorsque l’on prend le temps, avec l’accord de la personne, de rester avec ce qui la fait souffrir, une transformation intérieure est inévitable.

Une autre participante, profondément croyante et pratiquante, s’est rendu compte qu’en dépit de ses prières et méditations, elle se montrait agressive envers ses proches et les jugeait. A l’issue du stage, elle a partagé son espoir que la CNV lui permettrait désormais de prier autrement et d’ouvrir son cœur à l’autre.

Ce dernier témoignage met en lumière un aspect très concret de la CNV, qui peut soutenir concrètement notre spiritualité, en apportant des éléments de réponse à la question fondamentale de savoir comment mettre en actes ses valeurs profondes dans la vie de tous les jours.

Pendant les six jours de la rencontre, au fur et à mesure que nous cheminions ensemble, la perception des différences entre nous tous s’est complètement métamorphosée : d’obstacles, elles sont devenues sources alimentant des rencontres humaines d’une richesse et d’une puissance extraordinaires. Le premier cercle de parole avait reflété les barrières mentales et émotionnelles de chacun-e. Dans le dernier, les cœurs ont chanté à l’unisson – poèmes, chants traditionnels, gospels.

Les participants, par-delà leurs couleurs, origines ou religions, ont été nombreux à évoquer le mot ‘amour’ pour exprimer leur sentiment d’avoir été vus, reconnus et acceptés tels qu’ils étaient.

A mon tour, je vous remercie d’être venus, Khadissatou, Fleur, Djibril, Mamadou, Mariama et tous les autres ! Grâce à vous, je suis rentrée chez moi plus riche, plus forte, le cœur plus grand et rempli d’espoir. Je suis pleine de gratitude d’avoir pu vivre avec vous cette transformation, que nous ayons pris le temps de nous écouter mutuellement et de nous enrichir de nos différences et, ainsi, d’ouvrir l’espace d’une véritable et profonde rencontre entre nous tous.

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